Façades requalifiées pour une résidence HLM

À Conflans-Sainte-Honorine, la résidence des Nonnains fait peau neuve. 
Cette nouvelle enveloppe apporte l’isolation thermique bien sûr, mais aussi une valeur architecturale et patrimoniale inédite à cet ensemble construit dans les années 1970.

Outre une mise à niveau de l’isolation thermique du bâti, la mise en oeuvre d’un système d’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sous enduit peut – doit – être l’occasion de retravailler, au plan patrimonial et esthétique, l’enveloppe d’un ou d’un ensemble de constructions. Le chantier de réhabilitation des quatre bâtiments de la villa des Nonnains, immobilière 3F, à Conflans-Sainte-Honorine est, à ce titre, exemplaire. Menée par les Etablissements A. Simon, cette rénovation a donné une nouvelle valeur architecturale à cet ensemble caractéristique des constructions sans âme des années 1970.

Vêture en pierre agrafée

Pour l’entreprise, le chalenge était de taille. En plus de la mise en oeuvre sur 3500 m2 d’un système d’isolation thermique sous enduit, il lui a fallu gérer la plupart des travaux de requalification des façades. Notamment la mise en place de nouveaux gardecorps métalliques en tôle perforée, après démolition des anciens en béton, beaucoup trop lourds ; la pose de panneaux composites en plaque de polycarbonate de 32 mm d’épaisseur devant les ouvertures auparavant en briques ajourées des anciens celliers – lesdits panneaux sont euxmêmes protégés par une tôle pliée en aluminium anodisé et perforé ; ou encore la fourniture et la pose d’un système de vêture en pierre naturelle agrafée sur les pignons. Des travaux complexes générateurs d’une multitude de détails lors de la mise en oeuvre du système d’isolation : encadrement des celliers, habillages des allèges et des bardeaux… D’où une préparation de chantier relativement longue – deux mois – pour régler l’ensemble des détails et points singuliers. Des travaux préparatoires pendant lesquels ont aussi été testées la résistance et la validation des gardes corps. La production proprement dite a duré treize mois, avec une dizaine de compagnons en moyenne sur le chantier.

Trois machines de découpe

Bien sûr, la mise en place du système d’ITE et des différentes finitions représente pour l’entreprise le coeur des travaux de requalification de ces façades. Au plan technique, la maîtrise d’oeuvre a opté pour des produits ayant fait leurs preuves (StoTherm Classic). L’isolation a été réalisée à l’aide de panneaux PSE graphités de 10 mm d’épaisseur. Plus efficaces sur le plan thermique, ils sont, en revanche, sensibles au rayonnement solaire et leur pose nécessite l’installation de bâches sur échafaudage et ce, jusqu’à ce qu’ils soient recouverts, afin de les protéger. En termes d’organisation, l’entreprise a installé un atelier sur place avec trois machines de découpe au fil chaud. Afin de satisfaire les exigences incendie C+D sur les façades à l’arrière, notamment entre baies superposées, un recoupement par bandes de protection horizontales conforme à l’IT 249 a été mis en place. En laine de roche, d’une hauteur de 200 mm et de même épaisseur que l’isolant en partie courante, la bande de recoupement est collée en plein et fixée mécaniquement à mi-hauteur. Elle file sur l’ensemble des façades concernées. Pour les mêmes raisons, les cadres d’allège sont, eux aussi, isolés avec une laine de roche.

Revêtement autolavable

Compte tenu de l’ampleur du chantier, l’entreprise, pour la mise en oeuvre sur système d’enduit, a investi dans une machine à projeter. Les compagnons ont pu ainsi projeter la sous-couche de colle, une opération auparavant réalisée manuellement. Avantage : facilité, qualité d’exécution et bien sûr rapidité, donc amélioration des rendements. Les finitions, elles, ont été réalisées manuellement – le maître d’oeuvre souhaitait, en effet, une finition qualitative en grain fin et serré, qui demande un savoir-faire particulier pour éviter les risques de spectre. A noter : compte tenu de l’environnement très arboré, la finition de toutes les façades principales et secondaires en étage a été effectuée avec un revêtement autolavable (StoLotusan K) à base de résine micro-siloxane en phase aqueuse. D’autres finitions viennent différencier les différents espaces, notamment une d’aspect métallique (StoColor Métallic) pour toutes les façades secondaires des bâtiments au droit des celliers (allèges, linteaux et retours), ainsi que certains logements en RDC et R-1 du bâtiment B.

ALAIN SIMON

DIRIGEANT ÉTS A. SIMON (78)

« Un chantier très complexe, avec beaucoup de points singuliers et de détails »

« Pour nous, c’est un chantier vraiment très important et intéressant d’un point de vue esthétique – il y a de nombreuses modifications architecturales des façades. Le changement est total. Ce bâtiment au départ sans charme, hormis sa pierre naturelle en pignon, est aujourd’hui très bien mis en valeur par les matériaux de façade, qu’il s’agisse du complexe d’ITE sous enduit ou des nouveaux garde-corps. C’est évidemment un chantier très complexe, avec beaucoup de points singuliers et de détails qui ont demandé un important travail préparatoire et de prises de côtes. Nous avons aussi investi dans une machine de qualité, qui nous permet de projeter la sous-couche de colle. Une opération auparavant réalisée manuellement, qui nous prenait beaucoup de temps. »

PHILIPPE BOUSSEMART

DIRECTEUR GÉNÉRAL STO FRANCE

« Le chantier, complexe, mettait en oeuvre de nombreux systèmes »

« Nous vendons nos systèmes d’ITE sous enduit en direct, ce qui nous permet d’accompagner nos clients – ici maîtrise d’oeuvre et entreprise – à chaque étape du chantier. En premier lieu, notre équipe d’aide à la prescription avec l’architecte et la maîtrise d’ouvrage intervient pour la phase conception, choix technique et esthétique ; ensuite notre équipe technicocommerciale aide l’entreprise durant la phase chantier. C’est quelque chose que nous proposons systématiquement lorsqu’une entreprise utilise pour la première fois une de nos solutions. A Conflans, le chantier, complexe, mettait en oeuvre de nombreux systèmes. Nous avons passé beaucoup de temps avec les équipes de l’entreprise A. Simon, dont l’expertise en façade est reconnue. Par exemple, nous avons dispensé des conseils pratiques quant à la mise en place de la partie ragréage sur pâte de verre ou à l’utilisation de la machine à projeter la colle. »

 

Article paru dans le magasine Reflets & Nuances